Guerre et Paix
JésusMarieBiblesainteCroisade 13/11/2011 13:23:13
Ce à quoi, l'abbé a répondu que la guerre serait un bien étant donné que l'Eglise a fait les Croisades qui étaient des guerres.
Bien que l'on ait parfois envie de dire à M. Dumouch que Mme Veil ne pourrait pas dire pis que lui, force est de constater que même George W. Bush ne dirait jamais d'ânneries aussi énormes que cette sortie-là de l'abbé Pagès, sauf peut-être sur un registre ironique ou en état d'ivresse caractérisée.
Il est évident à tout Catholique qui n'est ni fou ni sot que la guerre ne peut pas être intrinsèquement bonne mais qu'elle est bien un mal en soi que ne peut justifier la Doctrine du moindre mal que dans des cas bien particuliers (comme la légitime défense par exemple).
Mais comme l'a si bien dit l'abbé Pagès lui-même en citant CEC 2370 dans le feu de la polémique (La continence périodique, les méthodes de régulation des naissances fondées sur l’auto-observation et le recours aux périodes infécondes (cf. HV 16) sont conformes aux critères objectifs de la moralité. Ces méthodes respectent le corps des époux, encouragent la tendresse entre eux et favorisent l’éducation d’une liberté authentique. En revanche, est intrinsèquement mauvaise " toute action qui, soit en prévision de l’acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation " (HV 14)etc. ...), il faut toujours se référer au Catéchisme de l'Eglise Catholique pour savoir exactement ce que croit et ce qu'enseigne l'Eglise.
Alors voyons ce que dit le saint Catéchisme au sujet de la guerre :
2304 Le respect et la croissance de la vie humaine demandent la paix.
[...]
2305 La paix terrestre est image et fruit de la paix du Christ, le " Prince de la paix " messianique (Is 9, 5). Par le sang de sa croix, il a " tué la haine dans sa propre chair " (Ep 2, 16 ; cf. Col 1, 20-22), il a réconcilié avec Dieu les hommes et fait de son Église le sacrement de l’unité du genre humain et de son union avec Dieu. " Il est notre paix " (Ep 2, 14). Il déclare " bienheureux les artisans de paix " (Mt 5, 9).
2306 Ceux qui renoncent à l’action violente et sanglante, et recourent pour la sauvegarde des droits de l’homme à des moyens de défense à la portée des plus faibles rendent témoignage à la charité évangélique
[...]
2307 Le cinquième commandement interdit la destruction volontaire de la vie humaine. A cause des maux et des injustices qu’entraîne toute guerre, l’Église presse instamment chacun de prier et d’agir pour que la Bonté divine nous libère de l’antique servitude de la guerre (cf. GS 81, § 4).
2308 Chacun des citoyens et des gouvernants est tenu d’œuvrer pour éviter les guerres.
[...]
L'abbé s'éloigne donc de la Doctrine de la Foi et de la Morale catholiques en disant que la guerre en tant que telle serait bonne par nature.
Cependant, son adversaire farfelue a toute raison de dire que la guerre peut être tolérée (exemple : les Croisades) pour éviter un mal plus grand, au nom de la Doctrine du moindre mal, comme le précise le Catéchisme :
2304 [...] La paix n’est pas seulement absence de guerre et elle ne se borne pas à assurer l’équilibre des forces adverses. La paix ne peut s’obtenir sur terre sans la sauvegarde des biens des personnes, la libre communication entre les êtres humains, le respect de la dignité des personnes et des peuples, la pratique assidue de la fraternité. Elle est " tranquillité de l’ordre " (S. Augustin, civ. 10, 13). Elle est œuvre de la justice (cf. Is 32, 17) et effet de la charité (cf. GS 78, §§ 1-2).
2306 [...] pourvu que cela se fasse sans nuire aux droits et obligations des autres hommes et des sociétés. Ils attestent légitimement la gravité des risques physiques et moraux du recours à la violence avec ses ruines et ses morts (cf. GS 78, § 5).
2308 [...] Aussi longtemps cependant " que le risque de guerre subsistera, qu’il n’y aura pas d’autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifiques, le droit de légitime défense " (GS 79, § 4).
S'abriter toujours derrière le moindre mal pour tout justifier et rejeter intégralement la Doctrine du moindre mal sont deux comportements mauvais et opposés mais qui aboutissent au même résultat : appeler "bien" ce qui est mal.
Le débat passioné entre les dumouchois et les pagéssiens n'a finalement été qu'un écrant de fumée du Diviseur visant à cacher le profond accord qui règne entre les Pharisiens fanatiques du moindre mal et ceux de la sottise prompte à la haine et à la querelle théologique. Et ces deux vénérables Serviteurs de Dieu que sont le sieur Arnaud Dumouch et le Père Guy Pagès sont devenus malgré eux les pantins risibles et pitoyables du Diable dans cette affaire.
+ M

